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Full text of "Coup-d'oeil sur les espèces éteintes de Mammifères du Brésil 1839"

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2i4 



LUJVD. 



Faune fossile du BresiL 




Coup-d'ccil sar les especes eteintes de Mammiferes du ^,^^^^ ^ 

m 

extrait de quelques memoires presentes a V ^cademie royale 



des Sciences de Copenhague / 



iVk 



I — 



■i. • 



\ i 



Par M. Lund, (i) 



La partie du Bresil dont j'ai etudie, avec tout le soin dont je 
suis capable, les cavernes, est comprise entre les rivieres Rio 
das Velhas, iin des confluens du Rio de S. Francisco, et le Rio 
de Paraopeha. Ce pays forme un plateau eleve de 2000 pieds au- 



(i) «Depuis cinq ans que je suis arrive au Eresil , je n'ai resse de m'occuper d*une maniere 
speciale deTeludedes animaux vertebres fossiles qui abondeuL dans les cavernes. Vous en aurez 
une idee lorsque je vous dirai que, daus la seule classe des Mammiferes , j'ai deja reunt plus de 
soixanle-quinze especes dislincles apparlenanl a quaraute-lrois jjenreSj c es'-a-dire un nombre 
egal en especes et superieur en genres aux anitnaux qui habiteot actuellement les menies conlrees. 

« L'Academie royale des Sciences de Copenhague ayaut bien voulu m'aider dans mes re- 
cherches , j*ai cru devoir adresser d'abord a cette sociele savante les resullatsque j'ai oblenust 
mais , comme roes memoires seront publics en danois , langue peu counue des naluralistes ^ 




Dcais et que ces cents ne parailrout peut-etre pas tres prompteraent, je vous en envoie aa 
extrait^ qu6 je vous prierai de commuuiquer avotre Academic et d'inserer ensuite daus vos 
Annales, 

* 

■ Le premier memoire que j*ai envoy e a rAcademie de Copenhague coutient des Remarques 
sur ia Dt'getation da plateau central da Bresil , principalement sous le rapport de ^Idstoire des 
plantes, Apres avoir doune une descripllou delaillee de cette vegetation d'apres sa physionoiine 
et sa composition botaoiqtie, j*ai tache de moulrer qu'elle se trouve aujourd^hui , pour la plus 
grande partie , dans un elat secondalre ^ Ires different de Tetat primitif ^ dnquel il derive. J ai 
poursuivi degre par degre les modifications et les alterations de Tetal primitif pendant les temps 
historiques ^ et j'ai tache d'en developper les causes, Je sais que ma maniere de voir parailra 
etrange a la plupart des uaturalistes •, mais je me conteute de les renvoyera la verification des 
tails, duut mes resultats ne me paraissent que i'expression generalises 

wlies autres memoires ont tons pour objet les ossemens fossiles de ce pays-ci. he second donne 
la description d'uue caverne, Lappa nova de 3Jaquine\ non moins remarquable par sa beaute 
que par les resles organitjues , qu'elle renferme. Le troisUwe tralte d\ine autre caverne egale- 
ment remarquable sous ce dernier rapport^ appelee Lappa da cerca grande, 

« Les memoiressuivans forment une seriea part,sous le litre: Coap-dml sur la creation ani- 
mal e du Bresil avant la dernicrc revolution de la surface du globe. Le premier de cette so lie ou 
le quatrieme de tons contientles generalitt'5, savoir: la de^criplion gcologique du psjs , I'expo- 
sition des circonstanceS) sous lesquellessc trouvent les Gssemtns fossiles, enfin des remarquet 




I). 



^-^«i 



t]awie fossilc da Br^^il. 



5ii5 



dessus du niveau de la mer et est parcp.uru dans ^on miliQU par, 
uue.chaine de mpiitagnes haute seulement de 3oo a 700 pieds. 
Cette chaine esl formee par un calcaire secondaire stratifle en 
couches borzontales et avant tons les caracteres du zechsteiui 
(calcaire concliylien) et du hohlenkalksteiu des Alkmands 
(calcaire a cavernesl.Elle est entierementcriblee de cavernes et 

I 

traversee dans toutes les directions par des fentes, dont I'inle- 
rieur est plus ou moins rempli d'une terr.e rouge identiqueMavec 
la' terre roiVge qiii forme la couche superticielj.e du pays. 

Cette couche, qui varie de 10 a 5o pieds dj'epaisseur, pouvre 
indistinctement et sans inlerruplion les plaines, les vallees, les» 
coUines et jusqu'aux penles douces des plus hautes rnontagnes^ 
Elle corisiste principalement en argile renfermant de4 cou*ches 
.subordounees de gravier et de cailloux de quarz. Soiivent elle 
est ferrugineuse au point que les particules de fer se transform 
ment en un mineral de fer pisolithique semblable a celui qui 
euiplit les fenles du Jura. . . 

La terre qui comble plus specialement ces cavernes a subi 
quelques modifications par suite de son introduclioii et de squ. 
sejour dans ces red nits: i** elle renferme des fiagniens angu- 
leux ou roiiles de la roche calcaire; ^^^elle est rend.ue plus dure 



I 



i^ 



V 



par des particules do chaux deposees dans son ihterieur par les 
eaux qui, cha.rijees de cette substance, fittrent a travers les f'en- 
tesde la roche; 3*^ enfiu est impregnee de salpetre,^ substance 



^ -'w • * 



qui la fait exploiter paries habitans du pays. 

Cest dans cette terie que gisent les ossemens fossiles; ils v 

-. • , ' ijil •'i 

sont deposes pele-niele. Ces ossemens sont tres fiaj^iles, tres 
blancii dans leur cassure et happent fortenlent a la langue. Sou- 
vent ils sont petrifies, plus souvent encore changes en spatH* 



f> tf( 



1 



»U' 



surles e»pi.*ces vivuiiles des Mammiferesde cc pays. Le cinauume et le sixicme donnent I'eiiunit;- 

T 1 

i*iliuxj Ji::> t:&{)eLL'^ jjcidutii de ctiiu* ilasse, que ]e siiis [laivenii a relablir jiistju'ici , cl suut u*r« 



fiiliMs \i\i\ Jl.s observations geticruleS' mh les ra|)|><)its ([ui exi^ttut eiiUe les auituanx de ces 
deux f;Maiions^ aiusi que sur la nature de la i;ranue tala;>tro^ilie quivit'iil dcrouler le rideau 
en Ire rune irl I'antre, J. ■ , 

m 

« C'''t (|r CCS Irois derniers memoiresquc je ine jierniels do vuus donner ici un resume pour 
I'insertrr daiiA voire [nerienxjonmal. « . ' * 



[EitroU d*unt Ittgir ndr, sstv par 31, Lund a J)/. Aunvieiiti et ffatee 

ii** Laoga Sanla (B^csil), Ir 5 novrmbre iB38.) 



a 



i6 



LDNI>. 



Faune fossile da Bresil 



calcaire.Ordinairement ils suiitcasses,ecra5es ou miUiles de tlif- 
ferentes mauieres; enfin ils jjorteiit ties frequemment des em- 
preintes de dents qui ne permeltent pas de douler que les ani- 
maux au.tquels ils ont apparterms- n aient ele entraines par des 
animaux feroces qui habitaieiit Aviliefois ces cavernes, Ceux des 
animaux plus grands y out ete introduits par dlfferens mainmi- 
feres caniassi^^rsj' ceux des plus petits par uiie espece d'oiseau 
diurne ijont je vousparlerai dans la suite. 

Au contraire, a I'epoque actuetle aucun animal feroce de la 
classe des mamuiiferes ne fait dans ce pays son sejour dans les 
cavernes, aucun n'y accumule des amas d'os comparables a 
ceux que Ton voit dans les terrains diluvicns; on trouve tout 
au plus dans les excavations modernes des ossemcns de petits 
animaux jonches a leur surface et qui out servi de j)roie a un 
oiseau hocturne, TEfiraie du Bresil (Strix perlala^ Light). 
*' Jusqu^ici je suis parvenu, comme je vous I'ai tlit , a retablir 
7 5 especes distinctes de mammiferes fossiles, Ce nombre vous 
paraitra considerable, surtout si, comme je le suppose, vous 
ii'avez eu aucune communication de mes recherches. Je ne les 
ai encore fait coniiaitre qu'a TAcademie royale des Sciences de 
Copenbague; mais je serai tres flatte si vous voulezbien en dire 

s mots a votre illustre Acade:nie. 

i 

Voici la liste des especes de mammifeies^ que je suis parvenu 
a retablir jusqu'ici. . * 

Myrmecophaga. Une espece eucore pen determinee de la 
taille du boeuf (il/;^//?* ^/^^^), 

+ 

Dastpus Wa'A. Une espece voisine du D. Octocwctusy mais 




a museau plus court, et une autre espece du meme genre, deux 
fois plus grande que les especes vivantes , a ecusson de la cui* 
rasse profondement ponctue. D. punctatus. 

Xewurus fFagl. Une espece voisine du X. nudlcaudus. Mihi^ 

EuRYODOPf Lund. Genre eteint de Tatoiis , caracterise par ses 
dents comprimees transversalement. Je n'en connais qu'une es- 
pece^ grande comme un petit coclion. 

IftTERODOiv, M. Autre genre eteint de la meme famille, qui se 
distingue de tons les Talous vivans par la grande inegalile de ses 



LlfND. 



Faune fossil e da BresiL 



ai^ 



dents tant pour la forme que pour la grandeur. Celles de de- 



vaiit ainsi que celles 



de de 



rriere sont en forme dc c 



d 



ylind 



res tres 



I 



an- 



minces; les deux qui precedent cellc-ci sont tres grandes, 
terieure offre une coupe transveisale en fbrme d^ovale, la pos- 
terieure en forme de coeur. L'espece qui a servi a etablir ce 
ii;enre est de la tallle d\m lapin. 

J. CHLAi\rrDOTUERiUM, M. Ce genre, encore de la famille des 
Tatous, est un des mieux conn us et fort interessant a cause aes 
Kaisons qu'il et?blit entre divers groupes encore vivans de cette 
famitte, ainsi que par les premiers traits d'affinite qu'il pre- 
sente avec la famille des Paresseux, trails que nous velrrons 
augmenter graduellement dans les genres suivans, au point de 
remlre la ligne de separation entre ces deux families fort in- 

certaine. 

Le Chlamydolheriiim represente en grand le genre Euphrac- 
tus Wagl. (rEncoubert Bulf). Sa cuirasse est a-peu-pres la merae, 
et toute son osleologie, excepte celle des excremites, moutre la 
phis grande analogie avec celle de VEuphraclus giluipes IlL La 
composition des mains et des pieds est celle des Cachicames 
avec des proportions plus grosses; aussi cei animal n'a t-il que 
qualredoigts aux inains. Le systeme dentaire se rapproche en- 
core le plus de celui de rEncoubert, en ce qu'il osl muni de dents 
incisives (quatre ert haut, six en bas), raais les molaires s'e- 
cartent beaucoup, par leur forme, de celled de tons les Tatous 
vivans, en cequ'elles sont tres grandes, tres comprimees sur les 
cotes, et offrcnt une large surface plate on enfoncee dans son 
n:iilieu pour la trituration ; cette structure les rapproche des 
dents des Paresseux,et particulierement de celle du genie Me- 
galonyx. 

L'espece la plus commune de ce genre (C Humboldtii) etait 
de la taille du Tapir; mais il en existait une autre (C Giganleum) 
qui egalait les plus grands Rhinoceros. 

Le genre HopLOPffORUs, un des plus extraordinaires de celte 
famille, pJir les proportions louides de ses especes, par sa laiile 
gij-,autesque , ainsi que par la singulierc combinaison de difie- 

m 

rentes oigamsations quM presciile, nous fait avanccr ciicoro 
d im j)as vers la famille des Paresseux. Cos animaux etait 1. 1 ar- 



ai8 



i.tJ:>rD. 



Faune Jos.sile da BresiL 



mes, tomme les Tatous, irune culrasse qui couvrait toutes Ics 
parties du corps en dessus, et qui etait coiiiposee de oetits ecus- 
sons Iiexagones, excepte sur le milieu du corps ou ces ecussons' 
prenaient la forme carree et se rangeaient en bandes transver- 
sales immobiles. Les os du tronc ainsi que les grands os des ex- 
treniites sont encore tres semblables l\ ceiix des Tatous, et par- 
ticulieremeiit a cenx desCacbicames ; mais les os qui composent 
les'pieds presentent un tel raccourcissement et un tel aplatisse- 
ment des faces articulaires, qu'on ne voit rien de semblable. 
ailleurs, et qu'on ne concoil pas comment de tels pieds ont pu 
servir a fendre la terre. Aussi la forme' des dents montre que 
ces animaux n'ont pu se nourrir que de substances vegetales,. 
et probablement paissaient-ils a la maniere des grands Pacby- 
dermes. Les molaires ressembleiit , pour la forme, a celles du 
Capibara,dont ellesse distinguent par leur structure simple. Une 
particularite tres remarquabie qu'offre Fosteologie de ces ani; 



maux, est d'avoir I'arcade zygomatique muriie d'une branche 



3 

descendante, carc'Ctere regarde jusqu'ici comme exclusivejnent 
propre aux Paresseux, i 

Ce genre extraordinaire m'a offert jusqu'ici deux especes, 
I'une et Tautre de la taille du bceuf (H. Euvhraclus et i/. Selloi). 




Feu Sello a trouve dans la re|)ublique d'Uruguai des fragmens 
d'uu squelette de cette derniere espece , qui ont ete decrits par 
. Weiss et Dalton a Berlin. ,. 

J 

Quelques os des extremiles m'ont montre Texistence daris 
ces temps, d'un autre genre aujourd'hui eteint, a. proportions 
encore' plus lourdes que le. precedent ,'et quireunit a un tel 
point les caracteres des Tatous a ceuxdes Paresseux, qu'il faut 
attendre un examen pUis approfondi des autres parties du 
squelelte, pour pouvoir decider a laquelle de ces deux families 
il doit etre range. L'animaldont proviennent ceso's, etauquelj'ap- 
pliquerai provisoiremeiil le noni g4ueriqu§ de Pack) theriiim ^ 
surpassait un pen pour la taiile, les especes du genre precedent. 

Nous voici conduits par degres a la famille des Paresseux^ 
famille qui dans cet ancien monde jouait im role fort important 
par le nombre et la variete de ses formes ainsi que par la grande 
taille qu'atieignaient ses especes. '^ 




LUND. 



Fatnie fossile dii BresiL 



219 



grosseur 



Le premier genre qui va nous occuper, celui du Megalowyx, 
.e lie encore anx Tatous par les plaques bsseuses qui garnis- 
saient uhe partie clesoii corps; raais ces plaques, bieu que d'une 

demesuree, loin de former une cuirasse' continue, 

'if 

comme chez les Tatous, elaient separees les unes dps autres par 

de grands intervalles. 

Le Megalonyx montre les plus grands rapports avec le Mega- 
tlienum^ principalement dans la structure et la composition des 
pieds; mais ceux de derriere presentent la nieme torsion que 
les pieds du Bradjpus tridactylus^ quoique provenant d'une 
cause differente. Chez i'Ai cette torsion est produite par le mode 
parliculier de Tarticulation de la jambe avec Tastragale; chez 
le Megalonyx , celle articulation se fait de la maniere ordman^e, 
et c'est la face carpienne de ce dernier os, qiii par sa conforma- 
tion anomale entrauie la contorsiondu plan de tout le reste du 
pied. ^ 

Les motoe,. a. nO^bVe de cinq e„ haut e, quatre en has, 
sont depourvuesde racines, comme celles de lous les autres ani- 
maux de Tordre des Brutes (Edentes B.) et different consequem- 
ment de celles du Megatherium , qui sont decrites comme ayant 
deux racines. , , 

'^ Les Megalonyx etaient pourvus d'une queue excessivement 
forte et probablement prenaate, ce qui joint a la conlorsion 
du plan des pieds de derriere et a I'enorme longueur de leurs 
ongles, doit faire croire que cesanimaux, nialgre Tenorme poids 
de leur corps etaient destines a grimper dans les arbres, comme 
leurs analofrues dans la creation actuelle. 

Ce genre parait a\ oir ete tres riche en especes , car j'en dis- 
tingue deja cinq parmi les nombreux debris qu'il a laisses dans 
les cavernes.L'uned'elles parait ideutique avec Tespece trouvee 



en Virginie et decrites par Jefferson [J\L JeJJersonii). Un autre 
{M, Hucklandii) de la meme taille que la preccdente, sc f:\it 
remarquer par Texcessive grosseur de ses* os. Uue troisieme 
(J/. Ctivicri)^ uu peu moiudre cjuo los prcccdehtes especes, est 
de la taille d'uu tres grand boeuf 

Le AL Gracilis ^ de la taille du precedent, se distingue des 
a uirrs especes de ce genie parses proportions plu.s delicales; 



2 20 



LU:}ID. 



Faune 



lie da Biesii. 



V* 



enfin le M. minutus nesurpasse pas les dimensions ihi coclion. 
, Je I ossede la machoire superieure d'uji animal donl les dents 
rnontrent assez d'analogie avec celles des Mogalonjx, niais qui 
sVn distinguent par un caractere tres parlicidier. An lieu de 
former des cylindres, comme les dents de tons les autres genres 
de Tordre des Brutes, elles sont en furme de cones, donl la base 
regarde le fond de ralveole, de sprie qu'elles v i)araissent encla- 
vees coajme des coins. Celte confonpatipn paiticuliere m'a 
fait nommer ce genre Spenodon, La machoire parah indiquer 
un animal dela taille du cochon. 
, Le genre designe sous le nom de Ccelcdon nous conduit aux 



Paresseux vivans^ et semble Her ceux-ci aux Megalonyx, Le 
Ccelodon a qimtre molaires de chaque cote , tanl en haut qu'en 
bas. tres semblables dans leiu' forme a celles du Paresseux tri- 

• « J 

dactyle. II a encore, comme celui-ci, tons les ongles tres corn- 
primes, mais les doigts sont raccourcis et de dimensions tres 
inegales conjme chez le Megalonyx. Le plan des pieds de der- 
liere est tourne en dedans comme dans Tun et Tautre de ces 
deux genres, mais le mecanisme de cette torsion est comme 
chez le Megalonyx. Enfin, de merae que celui-ci, il avait la 
queue tres puissante , et probablement prenante. La seule es- 
pece que je connaisse de ce genre (C Maqidnense y atteignait la 
taille du Tapir []\Iem. s. la caverue de Maquine). 



Si nous jetons un coup-d'oeil sur les animaux que j'ai enu- 
meres jusqu'ici et quisont tons compris dans I'ordre des Brutes 
(Edentt's C.) nous voyons : 

* 

1° Que les families des Fournailiers proprement dits , des 
Tatous et des Paresseux , qui dans lepoque actuelle sont propres 
a TAmerique, s'y trouvaient aussi a I'epoque qui a precede la 
notre. 

a** Comme aucun animal des trois families nommees ci-dessus 
n'a ete trouve jusqu ici dans les terrains diluviens des autres 
parties du monde, il faut admettre qii'a cette epoque-la, ces fa- 
milies etaient propres a cette partie du monde, comme elles le 
sont dans Tepoque actuelle. 

3"L'ordre des Brute's elail alors \\\\^ riclie, tanl en genres qu'en 



t 



LUKD. — Faune fosdle clu BreslL ^^^^^^^2 1 

especes, qu*aujourd'hui ( Les genres comme i r a 5; les especes 
comme 18 a 7 ). 

(\^ La plupart des anciens genres de cet ordre ont disparu 
(De 1 1 genres 8 ont disparu, 3 existent encore). * 

5° Toutes les especes de cette epoque geologiqne ont ete 
eteintes. (Parmi 18 especes fossries, il n'y en a que 2 qui nnon- 
trent de Taffinite avec des especes vivautes, mais je me suis as- 
sure, au nDoins pour 1'une d'elles, qu'il existe des differences 
specifiques.) ' 

&" Les anirnaux de cet ordre alteignaient a cette epoque 
geologique des diniensions beaucoup plus considerables qu'ils 
n'atteignent aujourd'hui. ' 

La faraille des Paresseux manque aujourd'hui completement 
dans le bassin de Rio das Velhas, ce qui s'explique pac Tabsence 



4 



de forets vierges; car tout ce pays est actuellement occupe 
par la forme de vegetation appelee par les Bresiliens Campos. II 
est probable qu'a Tepoque ou vivaient les grands anirnaux de 

«,te famil!., -cla ^,jit an,ren,ent, et que tout ce pays e.ait 

alors convert de forets immenses; car lious avons vu , et tout 
nous porte a croire que ces anirnaux menaieht le meme genre 
de vie que leiirs analogues de la creation actuelle, cest-a-dire 
qu ils cherchaient leur nourriture dans les arbres. 

La famille des Pvchydermes se trouve aujourd'hni reduite 
ici a deux genres, celui du Tapir el celui du Pecari ^donl \e 
premier ne contient qu'une, le second deux especes. 

Ces deux genres ont laissede nombreux debris dans les depots 
terreux des^ cavernes , et parmi ceux du dernier s^enre, je suis 
parvenu a distiuguer quatre especes tres distinctes, tanl entre 
elles que des especes vivantes, et dont Tune se fait remar- 
quer par sa grande taille , <fjui excede presque du double celle 
dps espe,ces viv^intos. • 

Outre ces dPfix genres qui existent encore ici, ces contrees 
etaient alors hal)it<'M»s par un grand animal de cette famille, donl 
!e genre n'existe plus , le Maslodon, Je tiouve des ossemens de 
eegenrr-qui annoncent un animal de la taille de l*Elephant, 
^Vki\% que je puisse determiner Tespece faute des dents molaires. 

Nous voyons do^up que la famille des Pacliydermcs etait plus 



I 



22 2^^^^^rLUKD/ — Faujie Jbssilc da BresIL 

nombreuse dams ces temps qii'elle ne, restjaujonrcrjuii (ians ce 
pays-ci,tant par rnpportaux genres qu'aux espec.es; nous voyons 
a cette epoqiie geologique , iin genre, celui des Pecaris, propre 
a TAraerique meridionale, comme il Test encore; enfin' »nous 
voyons que , malgre cette correspondance entre les deux faunes, 
elles conservent toujours une diversite constante quant aux 




. Ui i 



La famille des Ruminaivs est representee aujourd'hui dans ce 
pays par Tunique genre des Cerfs; mais a Tepoque dont nous 
parlons , elle en offrait outre celui-ci encore trois 9,utres", dont 
Tun, FAntilope, ne se trouve aujoiird'hui que dans I'ancien 
monde, I'autre, le Lama, habile dans les regions alpines des Cor- 
dillieres, le troisierae enfin a entierenaent disparu. .^ 

L'Antilopk du Bresil [Antilope maqiiinensis) etait de la taille 
de la clievre, 4 cornes courtes, sinnplement arquees, et courbees 
en arriere, il parait qu'elle vivait en troupes. (Voyez le mem, 
siir la caverne de Maquine, pi. i^ f. 6--^. (0). -'-^ 

Le genre Aijciienia ra'a offert deux especes, dont Tune sur- 
passait le cheval pour la taille, tandisque Tautre restait dans des 
proportions moindres. . :- > 

Les animaux qui m'ont fourni les caracteres poiir etablir le 
enre Leptotherium se font remarquer par leurs formes sveltes 
et elegantes. Comrae je ne possede pas les parties les plus carac- 
teristiques, tels que les dents ^ je me borne a observer que ces 
animaux se rapprochent le plusides^ cerfs , dont ils different 
pourtant plus que tons les rumihans aujourd'hui existans ne 
different entre eux. Je connais de ce genre deux especes, Tune 

* 

de la taille du Chevreuil, Tautre egalant les plus grandes espe- 

- « 

ces de cerfs. *: -»> ^ > 

La famille des Ruminans etait done aussi plus nombreuse 
alors qu'elle ne se monlre aujourd'hui dans ce meme pays. La 
plupart de ces anciens genres ont disparu d'ici, et ne se retrou- 
verit dans la creation actuelle, que loin de leur patde antedilu- 
vienne,ou sent entierement aneantis. m ' 

La famille des Carnassiers n'etait ni moins nombreuse , ni 



or 






4. « I 



(i) Ce mvixjolre a paru dans les actes de TAcademie de Coprnhaguo. 



HJIXD. 

la 



Faune JossiTe du Bresil. 



i2 5t3 



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oins variee , dans ces teiilps 



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celle que nous venons de 



« ' ^ 



erer ; lait que nous aurions pu presumer comme etant une 



condition indispensable pour le raaintien de Tequilibre de la 
nattire. Tons les genres de cetie famille, qui de nos jours habi- 
tent dans cette contree, sy trouvaient aussi a cette epoque (i); 
mais outre ceuxci, plusieurs autres animaux feroces, quiaujour- 
'd'hui ont disparu d'ici, repandaient alors Teffroi et la mort 
parmi les etres plus faibles de cette creation eteiiite.^ 



• r 

J 



*5i Je commence par le genre des Chats V comme le type de la 

* '^ ♦ 

famille. J'ai trouve les restes fossiles de ti^oTs especes de ce 
genre, Tune plus grande que le Jaguar, I'autretin pen moin- 
dre que le Couguar; enfin une troisieme de la taill.e du Chat- 
tigre a tongue queue {^F. macroura Pv.max.). 
" Ou'trec elle-la, je trouve encore une petite espece, moindre qiie 
le chat domestique qui se distingue des autres par I'absence 
totale du talon infefnc de la dent carnassiere d'en hautJ Ce ca- 
ractere ne se trouve que chez deux especes de I'ancien monde 
confondues long-temps sous le noni de Guejjard^ et separees 
avec raison'par les naturalisles modernes, du reste du genre, a 
cause de plusieurs traits particuliers, tant dans 1 



f^ r^. 



eur organisa- 



tion que dans leurs moeurs {Fells jubata Sonr. et Felis gut- 
tata Herm. formant le genre Cynoi/urus de Wagl, ou Guepar- 
dus de Duvcrn.), Nous apprenons done qu*une forme, aujour- 



( 



• * 



1 



d'hui parficuliere a Tanclen mohde, se trouvait'a cette epoque 
dans le nouveau, fait dont nous aliens retrouver une nouvelle 
preuve dans le genre auquel je vais passer. 

Le genre des Cuiens a laisse dans les cavornes de ce pays 
des restes de deux especes; Xvxn {Cams troglodites, le Loup des 
cavernes du Bresil) plus grande, plus robuste , mais beaucoup 
plus basse sur jambes que le Loup vivant des champs eleves du 
Bresil (le C^/ara^ Canis jtibatusC); X^niv^^C. protalopcXy leRe- 
nard des cavernes du Bresil) du sous-genre des Renards, et 

m 

assez semblable a IVspece vivante du Bresil [C. azzarceVv. Max.) 
Outre ces deux especes, il en cxistait une troisieme, du 



I 



» 



(i) La seulo Loiitre en fait c^iccption; mais ce^a sVxpliquc facilement par le genre do vie 
parttrulif-r (Ic cet auliual , qui (e suustrait aux pcr:it*cutiuus iks giaiuls carnassiers, liabiiais 

ilf » r.tvprnes. . * 



n 



224 



LrNi), 



Faune fossile du BresiL 



sous-genre des Chacalsj de taille mediocre, mais mieux armec 
et plus feroce que les autres. EUe differe en outre par Tabsence 
de la derniere dent tiiberculeuse en bas, de sorte qu'elle n'a a 

m 

la'niachoire iiiferieure qu'une tubercnleuse derriere la carnas- 
siere. Cette espece peut done etreseparee du reste du genre des 
Chiens avec la /nenie raison qu'on a separe les Guepards des 
autres Chats, pour former un petit groupe a part, groupepdiir 
lequel je propose le nom de Speothos , ainsi que pour I'especo 
fossile du Bresil, celui de Speothos pacworus ^ d'apres ranimal 
dont il faisait sa principale nourriture (^Ccelogenjs laticeps). 
Mais ce qui est tres reniarquable, c'est qu'on vient de trouver 
le menie syslemd dentaire dans une espece vivante de Chacal 
des Indes , le Buancu ou Colsiin ( Canis primce^^us Hodg. , 
C. dukhunensis Syld.), qui se distingue de tous les autres Cha- 
cals par sa ferocite indoraptable , et nous voyons ainsi se con- 
firmer le singulierrapport geographique que je viens d'indiquer. 
' Le Chacal et le Loup cjes cavernes etaient les principau?c au- 
teurs de Fintroduction des ossemens dans ces endroits; mais 
nous allons en connaitre d'autres quiserviront en meme temps 
a confirmer le fail remarquable que nous venons d'etablir, sa- 
voir ['existence de formes asiatiques et africaines dans TAixK^ri,- 
que raeridionale a cette epoque. -^ \ 

Le premier de ces genres est THtene dont je trouve a mon 
grand etonnement les restes meles avec ceux de Pacas,d' Agoutis, 
lie Pecaris, de Megalonyx et d autres formes americaiiies. L'es- 
pece dont ils proviennent {Hrcenaneogcea) egale les plus gran* 
des especes vivantes de ce genre, quoique inferieure a la fa- 
mease espece qui jadis habitait les cavernes de TEurope ( H. 



fossilis C.) , , ; ' 

' Le genre des Ouiis ne manquait pas non plus sur la liste des 
<^rands carnassiers qui desolaient ceftft coptree dans ces temps 
recnles; pourtant Tespece qui 'a jaisse scs restes dans les caver- 
nes du Bresil {Uvsus brasiliensis)^ n.e peut se comparer pour la 
itaille aux especes gigantesques Jqui-ont rempli les cavernes de 
I'Europe de leurs ossemens, et egale sous ce rapport celles qui 
vivent encore dans les Andes. • "' 

IB ' 

Pour completer la liste des especes perdues de cette famille, 



LUND. 



Faune fossile da Bresil 



'2'2 



5 



j'ajoulerai que j'ai trouve a 



I'etat 




ile des ossemens d'une 



espece de Coati (Nasua), ainsl que d'une espece d^Erarla (nom 
conirSluri des Bresiliens pour leGrison {Mustela vittata L.) etle 
Taira {Mustela barbara L), animaux qui forment un sous-genre 
particulier entre les Gloutons et les Putois- 

La famille des Marsupiaux ne compte ici aujourd'hui qu'un 
genre , celui des Sarigues { Didelphis L.), dont je connais sept 
especes. 

Les depots diluviens des cavernes sont remplis de debris de 
ce genre, parmi lesquels je distingue le meme nombre d'espe- 
ces, dont cinqmontrent plus ou moins d'analogie avec des espe- 
ces vivantes de cette contree, tandis que les deux autres ne 
trouvent parmi elles aucun analogue* • 

Outre ces especes, il parait qu'il existait encore dans ce temps 
un grand animal de la famille des Marsupiaux ; car je possede 
une dent qui ne pent se comparer a aucune dent d'un autre ani- 
mal, et qui represente en grand une molaire de Sarigue ou de 
Dasyure. Cette dent annonce un animal de la taille du Jaguar, 
qui semble avoir represente ici lesgrandes especes de Dasyure 
de la Nouvelle-HollanSTe. 

La faraille des Rongeurs ne se faisait pas moins reraarquer 
que les families precedentes par Tabondance et la variete de 
ses formes, ainsi que par la grande taille de plusieurs de ses 
<fspeces.^. 

Le genre deis Ra^is etait tres nombreux, ce que demontre 
rimmense qtiantite d'ossemens de ce genre enfouie dans les' 
depots de terre des cavernes. A peine ai-je eu encoie le temps' 
de passer rapidement la vue s'ur cette masse d'objets, et je dis- 
tingue deja parmi ces debris les restes de cinq especes diff^ren- 
tes, Ce nombre est encore peu considerable, il est vrai, compare 
avec celui des especes vivantes, mais je ne doute pas que des 
recherches ulterieures ne le fassent monter considerablement, 

ainsi rjuecela m'estd^jaarrivedanslaconlintiationdemes recher- 
ches sur les ossemens modernes de ce meme genre, faisant par- 
tic des monceaux d'os formes des restes de la proie de TEffraie 
pcrlee et on je ne distinguais d'abord qtie deux ou trois especes, 
Les Rats i^mneux forment ici K' genre le plus nombreux 

XI. /oi»i.. — Avril, I 5 



22 



6 



LUND. 



Faune fossile da Bresil. 



apres celui dcs Rats proprement dits. Comme ces animaux 
presentent des differences assez grandes entre eux, t9nt pour le 
port en general , que pour la forme des dents, il cbnvient de 
les diviser en plusieurs genres, lesquels forment^ un groupe 
ties naturel et Lien caracterise dans Id famille des Rongeurs, 
lis ont tous un caractere tres particulier dans la composition du 
crane, savoir : que 1 occipital en descendant latefaleraent vers 
I'oreille se bifurque de maniere a enclaver la partie naontante 
de la caisse et du rocher, et a former a lui seul les deux tuber- 

i 

cules dont Tanterieur appartient ordinairement au temporal, 
Leur omoplate se fait remarquer par Texlreme raccourcisse- 
ment de la crete et le prolongement filiforme de Tapophyse, 
qui porte Tacromion. La premiere vertebre dorsale a ccla de 
particulier, que son apopliyse epineuse se bifurque a son extre- 
mite et y porte deux facettes articulaires qui re^oivenl* les deux 
bras d'un petit os en forme de V, semblable aux os de meme 
forme qui se trouvent sous les premiers vertebres caudales de 
plusieurs animaux a queue forte. lis ont tous quatre molaires 
de chaque cote, tant en haut qu'eii bas. Les especes qiii vivent 

§ 

ici, peuvent se rapporter a trois genres., Phyilom/s M. Nelomys 
Jourd. etLonckeres UK ^ 

Les Plijllomys ont les machelieres superieures composees de 
quatre lames transversales simples. Je ne connais ce genre que 
d'apres des fragmens de squelette , trouves dans des monc^aux 
d'ossemens modernes de quelques caverqes situees,au nord 
de . 8» L. M. , tandis que je .rouve les restes d'uBe espece fossile 
du meme genre dans les cavernes situees au snd de cette limite. 

Chez les Loncheres (i) les raacbeiieres superieiires sont com- 
posees de deux lames, I'anterieure simple, la posterieure en 
fprmedqW, Ce&oqt de jplis animaux a formes elegantes, a pieds 
allonges et U queue de rats; les epines sont faibles. II eii existe 
ici deux especes vivantes : L, laiiceps M. et L. elegans M., dont 
la deraiere , qui est la plus roramiine , devient remarquable eh 



J 



•i '. 



(i) Je reserve le nom generique 6*Eckimrs aux especes le plus anciennemenl cooiiues, 
qui ont \es. machelieres superieures composees de deux lames, Tune el I'aulre eu forme de 
V s!m|)le. E, cayennensis Geoff. E^ chry sums Schitib. E, dactylinus Geoff. E. spinosus Desii), 
E, I ongicaud us Yi(tn%, ' 



1 



LUiVD. — Faune fossil e da Bresih ^^^^^H^? 
ce que les depots des cavernes contieniient des nombreux* Tes- 



tes d'une espece fossile, qui lui parait identique, et qui ma 
fourni le premier exeraple jusqn'ici d'une espece fossile qui, 
d'apres des comparaisonS completes s'est montree en tout point 
semblal>le a une espece vivante. 

Les Nelomts ontles machelieres en haut , composees de deux 
lames, Tanterieure simple, la posterieure en forme de V simple. 
Ce sont des animaiix lourds , hideux, a museau gros, a orcilles 
et pieds courts, a queue velue; les poils sont raides, mais pas 
piquans. lis vivent dans les cavernes et entient dans les mai- 
sons, oil ils font de grands degats. Deux .especes de ce genre 
sont tres abondantes dans ces contrives, N.aniricola M. et N. sul- 
cidens M. Je trouve a I'etat fossile deux especes , qui semblent 
se rapprocher beaucoup des deux especes vivantes. 

Du genre SYj>roETHER£S apparaissent ici deux especes, 5. iiisi^ 
diosa Licbt., grande comme le lapin et S.prehehsilis L. grande 
comme le lievre. Les cavernes contiennent les restes d'une espece 
eteitite qui surpassait,,de beaucoup les especes vivantes pour la 
taille, laqnelle etait celle du Pecari. {S. magna JVL). 

_ \ 

Le QuiYA. d'Azzara {Myopotamus bonariensis) represente dans 
rbemisphere meridiouale le castor des pays du nord ; il est 
comme celui-ci restreint a la zonetemperee et ne depassenulle 
part le tropique du capricorne. II en etait autrement a I'epoque 
dont je traite ici , car je trouve les ossemens d'une espece de ce 
genre dans les cavernes situees jusqu'au i8°L. M. Ce fait vient^ 
se ranger aupres de ceux que les recberches de rancieu monde 
ont fait connajtre, je veux dire iVxi^tence a cette epoque, de 
rennes , de gloytons et d'autres formes boreales dans les pays 
du midi de TEurope, et melees aux formes tropiques des Ele- 
pbanS) des Rliinoceros, etc. » 

Une espece de Li^-vre, tres semblable a Tespece vivinle (Le 
pus brasiliensis L.) se trouve abondamment a Tetat fossile dans 
les cavernes. 



Je passe au groupe d'nnimaux compris par Linne dans son 
genre Cavia.Ccs animaux sont tons exdusivement proprcs aux 
parties clic'udes do I'Amcriquc ou ilsjouent un role important 



i5. 



28 



LUiVD. 



Faiine fosslle du Bresil. 



par leur abondance, leur laille et rexcellence de leur chair 

pltj 



usallons voir que ces animaux nejxianqnaient pas non 



No 

danslafaune ancienuedece pays, il parait memeqinlsy jouaient 

un role plus important que dans celle de nos jours. . ' 

Le genre Cavm IH, presentc ici deux especes ( le Perea C. 
Jperca L.) et le Moco (C. rapestris Pr. Max). Ces deux ani- 
maux niontrent une petite difference dans la structure des 
dents molaires : les deux lames transversaies dent elles sont 
composees sout, cliez le dernier en forme d'ovales simple^, 
chez le [)remier, i'une en forn^e d'ovale, Tautre en forme de 
coeur. J^ possede des restes fossiles de deux especes qui mon 
trent les memes differences dans la forme des dents, et en outre 
d'une troisieme chez laquelle toules les deux lamrs sont en 
forme de coeur. Pour les natural istes qui separent g^herique- 
ment le Moco jet le Perea (Fr. Cuv,), cettederniere espece fossile 
uffrira le type d'un nouveau genre, mais lagrande ressemblance 
dans le leste de leur organisation me porte a regarder ces Irois 
animaux tout an plus conime des types d'autant de sous-genres. 

Les genres Dastprocta, CtElogents et Hyoroch^rus presen- 



t 



« k 



tent une particularite tres remarquable en ceque,ne comptant 
aujourd'hui cliacun qu'une seule espece, ils en possedaient ^a 
celte epoque chacun deux , dont Tune ressemble plus ou raoins 
a Tespece vivante du meme genre, tandis que Tautre 3'en ecarte 
plus, et particulierement s'en distingue par un taille beaucoup 
plus considerable. ' 

Quant aux especes fossiles de ces trois genres qui ressemblent 
aux especes vivantes, il n'y en a qu'une, celle du genre Coelo- 
GENYS, qui m'est suffisaniment connu pour poitvoir decider jiis- 
qu'a quel point va cette affinite. En effet, jeme suis convaincu 
par la comparaison des squeletles de plus de cent ihdividus'a6' 
tous les ages de Tespece fossile avec ceui de Tespece vivante, 
que malgre leur grande ressemblanc6','ils sont decid^ment dis- 
tincts comme especes. Je nomme I'espece fossile C. laticeps k 
cause de Telargissement de ses arcades zygomatiques enarriere, 
tin des c'aracteres les plus saillans qui le distinguent de Fespece 
vivante. ' 



i* 



L'autre espece fossile de ce genre, C. major ^ se ra 




ruminans. 



?• 



^^^^^^^^H^LUND. — ^ Fauiie fossil e clu BresiL ^^^^H^^ 

pour la tailledu Capivar, et nese laisse pas, dans le detail de son 
osteologie, confondre avec I'espece vivante. 

. Je nomme la grande espece eteinte du genre Dasyprocta, 
D. capreolusy parre que les grands os de ses extremites poste- 
rieures peuvent se comparer pour les dimensions avec ceiix du 
chevreuil, ce qui me fit en effet cliercher dans le commence- 
ment Tanimal auquel ils devaient appartenir dans la famille 
des 

J'applique le nom d^ Hydrochcenis sulcidens a la grande espece 
tossile du genre du Capivar, parce que elle a la face anterieure 
de ses dents incisives profondement sillonnee, tandis qu'elle est 
lisse dans Tautre espece fossile ainsi que dans Tespece vivante. 
Sa taille tenait le milieu entre celle de Tespece vivante et celle 
du Tapir. 

Toutes les families que nous avons parcourues jusquicl 
nous ont montre pour Tepoque passee une superiorite de nom- 
bre pour les especes, mais surtout pour les genres. Cette su 
periorite cesse ici, car les i\eu^ families qui nousrestent a traiter, 
celle des Cheiropteres et celle des Sijiges ne m'ont offert jusqu'ici 
qu'un nombre d'especes bien inferieur a celui qu'elles presen- 

tent de nos jours. 

Quant aux CHEiiioPTERr:s,ce n'est meme que depuis tres peu 
de temps que je suis parvenu a en decouvrir de faibles restes 
parmi les milliers d'ossemens de petits animaux renfermes dans 
les depots de quelques cavernes. Les amas d'os modernes qui se 
trouvent souventdans les cavernes, el qui derivent, comme jel'ai 
observ^plus liaut, des restes d'animaux entraines par I'Effraie 
{Strix perlala) conliennent les os de Chiropteres en plus grand 
nombre, et Ton serait tcnte d'cn conclure que cette famille etait 
reellement moins pombreuse c]^ns ces temps qu'elle ne Test ac- 
tuellement. Ceprndant comme plusieurs circonstances me font 
croire que Fauteur des amas de petits ossemens fossiles idtait un 
, oiseau de proie diurne, cela explique pourquoi les ossemens 
des animaux de la famille dont nous t;'aitons y sont plus rarcs 
que dans }(•$ amas d'os modernes. 

f/existence de Singes a des epoques anterieures a Tordre de 
choses actuel i'itait un fait encore nouveau pouj la science, lors-j 






25o 



LUND. 



Faune fossil e da BresiL 



que je decouvris an mois de juillet i836 les premiers restes fos-! 
siles d'un animal de cette famille, Depuis lors, j'ai appris qu'on 
a constate Icur presence tant en Europe qu'en Asie. Je possede 
les osseraensfossiles de deux especesde cette famille, dont Tune, 
qui ne pent eutrer dans aucun des genres existans, atteignait la 
hauteur de quatre pieds {Prolopilhecas hrasiliensis) ^ Tautre se 
rapproche beaucoup du genre Callithrix ^ dont elle surpasse 
plus du double les especes aujourd'hui vivantes ( Callithrix 
primoevas). 

Je ternune en observant que je n'ai jusqu^ici trouve aucun 
vestige de Fexistence de riiomme a cette epoque. ^ 

Get aper^u rapide nous fiiit voir que la zone torride de notre 
^lobe, loin d'etre inhabitee a Tepoque qui preceda Tordre de 
choses actuel , offrait au conlraire une creation animale plus 
abondante^ plus variee et plus gigantesque que celle quVUe 
nourrit aujourd'hui (Voyez la table)/ ^^*'^ 

Nous voyons ensuite ,que TArnerique meridionale possedait 
a cetie epoque les memes formes animales qui la caracterisent 
aujourd'hui, les Fourmiliers , les Talous, les Pecaris, lesCoatis, 
les Sarigues, les Rats epineux, les Coendons, les Pereas, les Agou- 
tis, les Pacas, le Capivars et autres. 

Mais, malgre cette analogic dans le type genera!^ il parait que 

* 

les especes de ces deux epoques sont differenles; au moinsje 
ue connais jusqu'ici qu'une seule exception a cette regie (LonJ 

one res elegans). 

Si nous combinons ce fait avec les faits geologiques exposes 
plus haut, si nous nous rappelons que ioiil le pays dont il s*agit 
ici, eleve de 2000 pieds au-dessus du niveau de la mer, est con- 
vert d*une couche continue et tres puissante de terrains meu- 
bles , qui s'etend indifferemment et sans aucune interruption 
sur les plaines, les vallees et les collines, et qui ne raanquent 
pas meme sur les plateaux ei lespentes douces des plus hautes 
montagnes (5obo-6ooo pieds), si nous considerons que ce ter- 
rain contient des couches sous-ordonnees de gravier et de caiN 
loux, qu'i! remplit toutes les tentes et cavernes des roches cnl- 
caires, et qu'enfin il renferme de nombreux restes d'animaux 
differens de ceus^qui aujourd'hui |)euplent la surface de ce pays, 



*' * 



I 



» 






LUND. 



Faune fossile clu BresiL 



23f 



si dis-je nous combinons ces faits, nous ne pourrons nous refu- 
ser a y voir les preuves les plus irrecusables d'une grande irrup- 
tion des oaux, qui couvrant toute cette partie du globe, y mit 
un terrae a Texistence des e.tres qui la peuplaient. 



\ 



Liste des Mammifer^s du bass in du Rio das Velhas 



• % 



Edentata. 



VivansS 
!• Myrniecophaga jubaia L. 



Fossiles. 



Myrmecophaga gigantea. 



tamaiidtia C 2 



Effodientia. 



2. Dasypus octocintus L. 



3. Xenurus nudicaudis M. 

4. Priodon giganteus Cf 

5. Euphractus gilpipes 111. 



.V 



3 



5^. \ Talu niirbn,) 4 



5 
6 

7 



2. Dasypus aff. ocLocincto. 



p line ia tun , 



3. Xenurus foss. 



3 

4 



4. Eutyodoii. 

5. Heterodon, 

6. Cklamydctherium Humhold- 



5 
6 



• « 



m^tm 



Ch lamydotherium gigas . 
7. Hoplophorus euphractus. 

SelloU 
8 Pachylheriuni magnum* 



7 
8 

9 

ID 
1 I 



IJradyuoda. 



g. Coe/odofi n*aquinense* 
I o. Megalonyx Jeffersoni, 



a 



uvieri. 



Bucklandii, 
griicilis, 

minultiH* 



\ 1 . Spfwni'Civn, 



\ 



12 



I 



3 



i4 

17 



t . 



IV 



^3 



LUi>rD» 



Faune fossile du Bresil. 



1 



V ivaDS. 



6. 2'apirus americanus L. 
y, Dicofyl^s labia las C» 

iorquatus G. 



Pachydermata. 



8. Census paludosus Desra. 

rufus 111. 
campestris F, C. 
simp lie icornus III. 
nanus M. 



■ 

Fossilejk 



8 
9 

10 



12, Masiodon. sp. 
i3, Tapiriisfoss, 
i4« Dicotyles sp. 

sp. 

sp. 

sp* 



Ruminantia. 



11 

12 

i4 

i5 



i5. Cerpus. sp. 

sp 



# 



III > 



i6. jintilope maquinensis. 
1"^^ , Auchenia sp. 

spl 

i8. Leptoiherium majits^ 

* minus. 



21 

22 

53« 
24 



25 
26 



27 
28 

3o 

3i 









i 

f 

i 

A 



I 
I 
i 




Ferse. 



Q, i^d/iS OAipO L. 



concolor L» 
pardalis L. 
macroura Pr. Max. 
Jusaciroundi Desm 



10. Eirara barbara L. 

vitiala L. 
1 I. Canis jubatus C. 

Azara Pr. Max 



12. Lectra brasilienslH L# 
i3. Nasna soUlaris Pr. Max. 

socially Pr. Max , 



16 
18 

^9 
20 



21 



23 

24 



25 

i4 

26 



sp 



20. Cynailurus minutus 

21. Hycena iieogcea, 

22. Eiiara sp. 



23. Ca/J25 troglodyUfS, 

protahpex, 

24. Speotkos pacivorus. 



25. Nasua sp. 



26. Ursus brasiliensis. 



33 
3^ 



35 
36 

37 



38 



4i 



4a 



w 



LUND. 



Faune fossile da Dresil 



233 



Marsupialia. 



Vivans. * 



i4. Didelphis aurita Pr. Max. 28 



albU*entris M, 
incana M. 
murina L. 
pus ilia Desm. 
tricolor Geoff. 



^9 

3i 

32 

33 



tri/me(3/aMus.B.34 



Fossiles. 



27. Didelphis affi auriice. 

affl albit^eritri, 
aff, incance. 



murince. 



aff. pustllcv. 
aff. myosurce. 



28. 




acotherium ferox. 



43 

44 
45 
46 
. 47 
48 

60 



Glires. 



)5. il/us aquaticus M. 

mastacalis M. 




MZ^/ 



iceps 



M. 



36 
38 

4o 
4i 

42 

43 
44 
45 
46 
47 

19. Synosiheres prehensilis L. 48 

insidiosa Lichu 49 



vulpinus M. 
lasiurus M. 
expulsus M. 
loagicaiidis M. 
las io lis M. 
16. Nelomjs antricola M. 

suicidens M.. 
17- Lone he res elegansvU. 

laticeps M. 

If 

18. i^/ty?/omy5 M. sp. 



20. ScittHus cestuans L, 

21. Lepm brasiliensis L. 
2a. Cavia aperea L. 

rapes tris Pr. Max. 



5o 

52 

53 



23. Dasjprocia aguti L. 



54 



4. Coelu^eriys Paca L. 



1 



54 



29. Mws .v/>. 

sp 

sp> 



3o. Nelomys aff, aniricolce. 

aff. sulcidenti. 
3i. Loncheres elegans. 



I I 



32. Phyllomys sp^ 
Z'i.Synoetheres magna 



34. Myopolartius antiquus. 



35. Lepus aff. brasiliensi. 

36. Cavia aff. aperece. 

aff. rupestTi. 

bilobidens. 

37. Dasyprocta aff. aguti. 

capreolus. 

38. Coelogenys laticeps. 

mnjcr. 



5i 

52 

53 

54 
55 



56 

5/ 

58 



59 




61 



6;) 
63 

64 
f65 

66 
67 
68 

"9 



25. flydnchoiriis capibara L. 55 39. Hydrochcvrus aff. Capibaree. 70 



suicidens. 



4o. Genus incertnm. 



8a 



a34 SERRES. — Dei^eloppement de l^amnioschez V Homme. 



Cheiroptera. 




26 \ Cheiro 



3o 



^piera : genera 5 

species 16 



52. Cebus cinhifer Geoff. 

33. Callithrix sp. 

34 Mycetes ursinus Humb. 



Fossiles. 



56 

7' 



4 1 . Cheiroptera L . 



« f 



Simiae. 



I i 



>\ 



3i. Jacchuh periicillatas Geoff. 7a 



73 

74 

75 



•i '« V 



42. CaUlthrix prlmceuus* 



73 



74 



43. Protopithecus btasUiensis, jS 



\ 



\ — 



Observatiojvs sur le diveloppement de Vamnios chez VHommey 



Par M. Serres. 



1 f 



\ * 



( Lues a TAcademie des Sciences, le 10 deceinbre i838> ) 



Une des propositions conlenues dans le paqye^; cachgte que 

j'ai depose a rAcadeniie, au niois de juillet dernier, est relative 

au developpement de ranniios chez rembryon hiimain. Elle a 

pour objet de montrer qu'en appliquant a rhomnie raranioge- 

hie des oiseaux, on ne pent se rehdre Uri Coinpte exact, iii de 

la penetration de Tenibryon dans la cavite de ramnios, ni des 

cas dans lesquels cette penetration n'ayant pas lieu, I'ewbryon 

reste en dehors de cette vesicnle. On oeufhuniain du deuxieme 

mois , qife j'ai recu hier et dissequ(5 ce matin/ devient robjet 

de la presente communication. 

' Tout le raonde sait que Tembryon humain est suspendu par 

son cordon ombilical , dans la cavite de Tamnios ; m^is Dn n est 



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pas encore fixe snr la raauiere dont il penetre dans cett3 cax^ite, 
ou sur le mecanisme par lequel cette membrane Tenveoppe de 
toutes parts, en formant une galne aux vaisseaux omhiicaux bt 
omphalo-mesenteriques, au pedicule de la vesicule oiibilicale 
et a Touraque.